O’magreena – Bush Lizard

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C’est avec plaisir et excitation que j’ai rejoint l’aventure du premier clip de O’magreena. Quoi de plus excitant que d’ouvrir la porte d’un nouveau monde ?

Actuellement j’ai à mon actif deux courts métrage : Pas de Noël pour Papa (2013) et Upír (2016) sur lesquels j’ai travaillé en collaboration avec le chef opérateur Vincent Margueritte. Pour ce 3e projet nous réitérons l’expérience pour créer cette fois ci, non pas une ambiance sépia à l’ancienne façon Jeunet et Caro ou ténébreuse tels les pionniers de l’expressionisme allemand…cette fois ci, nous voulons apposer à ce projet une identité désaturée. Pour pouvoir donner du relief et de la présence à des détails : les yeux du chien au faciès lupoïde par exemple, lui rendre son côté noble et sauvage à la fois. Donner de la prestance à cette danseuse qui évoluera dans ce huit clos gris et à l’ambiance néon.

Nous voulons innover et élargir notre palette esthétique. Sortir de notre zone de confort par la danse et par conséquent par une certaine grâce mise en exergue par la bestialité et la sauvagerie de l’animal que nous filmerons. L’esthétique désaturée est estampillée par le film post apocalyptique et a fait ses armes avec Mad Max de Miller. C’est une atmosphère qui fonctionne avec des décors en ruine et/ou vide.

Notre décor étant un parking ce choix d’ambiance est assez logique. Mais la désaturation étant à la limite du noir et blanc, mais n’étant pas du noir et blanc se retrouve dans des films plus gothiques et néo expressionnistes comme par exemple chez Tim Burton.

Dés que Mathilda et Guillaume m’ont fait écouter « Bush Lizard » ça a été une évidence que ce clip devait être dansant et dansé. La rythmique du morceau est entrainante et incite à la danse, pas à une danse de groupe et de club. Plutôt quelque chose de viscéral, animal et par conséquent solitaire.

L’expression du corps d’un être unique. La danseuse sera seule à danser face à ce chien. L’idée est de créer une dualité entre les deux, la danseuse danse pour elle mais aussi pour lui. Le canidé sera à la fois spectateur exigeant de cette représentation et acteur agissant et réagissant en fonction des mouvements de la danseuse.

Un gros travail de chorégraphie est à prévoir pas seulement pour que tout soit calé sur la musique de O’magreena mais surtout pour avoir une parfaite osmose entre la danse et les réactions de l’animal. La chorégraphie sera le lien, le pont entre ces deux acteurs. Il faut que l’on sente une intimité entre les deux, une complicité.

Nous prévoyons aussi un énorme travail sur l’animal, que ça soit pour la préparation et l’acceptation des actions qu’il devra faire mais aussi sur l’équipe, pour l’accueillir durant le tournage. Un animal même dressé reste sauvage.
Le clip est un « laboratoire » qui permet l’expérimentation, peut-être plus qu’un court métrage car même s’ils ont tous deux en commun leur format court, le clip n’est pas obligé de suivre le carcan d’une histoire. Il peut se permettre plus de chose, et cette liberté de mouvement sera un atout lors du tournage de ce clip ainsi que l’expérimentation.

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Laura Rembault ?

Laura Rembault est passionnée et mordue de photographie, elle ne quitte jamais son Pentax. Son carnet de croquis et d’écrits n’est jamais très loin. Après une formation littéraire et artistique, elle obtient à l’université une Licence et Master en cinéma. Elle décide de passer de la théorie à la pratique durant des tournages de courts métrages et navigue alors au travers de stages de sociétés de production, en sociétés de diffusion et groupes de distribution. L’envie de réaliser son premier film avec des choix forts et un vrai parti pris visuel est devenue de plus en plus vitale et obsessionnelle.
C’est en décembre 2012 sur les bancs de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne qu’elle décide de créer son association cinéphile : Léon Productions, qui vise à aider de jeunes cinéastes dans la création et la distribution de leurs œuvres par la recherche d’investissements et s’occupant des démarches pour les faire connaitre en festivals ou les proposer directement à certaines salles locales.
La création de cette association lui permettra de développer et de mener à bien son projet de conte décalé en tant que réalisatrice, scénariste et productrice : Pas de Noël pour Papa ! dont la première projection a eu lieu fin 2013, et qui depuis a été projeté un peu partout en France et à l’étranger (30 projections dont 11 sélections en festivals et 2 prix).
Forte de cette première expérience pleine de succès, elle s’attèle à un nouveau projet Upír qui verra le jour en février 2016 et qui depuis a fait ses preuves en festivals en France et à l’étranger (60 projections dont 36 sélections en festivals et 7 prix).
Toujours produits et accompagnés par ses complices de Léon Productions, elle a écrit et tourné en février 2017 son premier clip « Bush Lizard » pour O’magreena, une confrontation dansante et animale…qui commence sa vie en en diffusion (14 projections dont 1 sélection et 1 prix).
Fascinée par la poétique des monstres et le potentiel dramaturgique des liens affectifs Laura est actuellement en écriture de deux courts métrages : l’un qui traitera d’une rencontre atypique dans un taxi londonien (titre provisoire : Mrs Mag), le second s’intéressera au monde de la musique et des zombies. Elle est à la recherche d’un producteur français pour son 3e court métrage Mrs Mag et d’un

co-producteur britannique. Elle a aussi des envies documentaires sur trois sujets: elle écrit actuellement sur la schizophrénie, l’immigration et les drag-queens.

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Comment(82)

  1. Plein de sensibilité et d’emotion… C’est très beau et donne matière à reflexion. Comme quoi on peut allier grâce, esthétisme et intellect… Tout simplement superbe

  2. Magnifique association du son et de l’image, de la lumière et du mouvement… Une esthétique “entre chien et loup” qui fait frissonner… Bravo 👏🏻

  3. Waaah ! superbe vidéo ! je l’ai regardée deux fois d’affilée.
    LE morceau est top aussi ca fait bouger, ca ressemble a rien de ce que j’ecoute en ce moment.

  4. Très beau travail de qualité ! Belle réalisation, belle esthétique. Une mise en scène bien chorégraphié. Bravo à toutes l’équipe techniques et aux de “performeuses” 🙂

  5. Excellent clip, super talent de réalisatrice et mise en scène au top, une sensibilité hors du commun au service de ce duo humain-canin touchant et singulier, à la hauteur de ses courts-métrages précédents, bravo !

  6. La prestation du doggo est à l’image de la danseuse : incroyable. Avec une estetique pareille j’ai hate de voir ce que va faire l’équipe de production par la suite !

  7. Un clip a la réalisation a la hauteur des habitudes et du talent de Laura Rembault, dont les courts métrages valent définitivement le détour et l’attention. L’univers du clip me touche particulièrement. Bonne chance 😉

  8. Musique qui marque, qui sort des terrains battus, images rythmées, surprenantes. Un clip qu’on regarde jusqu’ à la fin , et qu’on regarde encore

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