À fleur de peau – Charlotte Hamel

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La séance du dimanche : le film bordelais qui raconte l’emprise, sans crier

Celui-ci ne fait pas rire. Il fait quelque chose de plus rare : il fait reconnaître.

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Léa rencontre Hugo. Elle croit vivre son premier grand amour : les regards tendres, les messages enflammés, tout y est. Puis quelque chose se déplace, doucement. L’attention devient surveillance, la passion devient contrôle, et le silence s’installe là où il y avait des rires. C’est toute la justesse du film : l’emprise n’arrive jamais d’un coup. Elle s’installe par petites touches, chacune presque justifiable, jusqu’au jour où l’on ne sait plus depuis quand on a peur. Et le déclic, quand il vient, ne ressemble pas à ce qu’on imagine. Pas un cri, pas une scène. Un geste anodin d’un autre garçon, Eliott. Un frisson qui rappelle ce que devrait être la douceur. On vous laisse découvrir la suite.

 

Voilà le plus beau : personne n’a poussé ce court-métrage. Sorti fin mai 2025, il est arrivé tout seul dans les recommandations de milliers de gens, et ils sont restés. Plus de 120 000 vues aujourd’hui, pour un projet étudiant sans budget promotion. Les commentaires racontent la même histoire, encore et encore : « je suis tombé dessus par hasard », « je regarde rarement des courts-métrages, mais là c’est une belle découverte », « merci à mon algorithme d’avoir mis en avant un tel petit court-métrage ».

 

Certains ont pris le temps de lire le générique jusqu’au bout, ce qu’ils avouent ne jamais faire. D’autres analysent les plans, la douche à 1:00, un changement de focale à 2:31. Beaucoup réclament une suite. Et l’un d’eux résume la réussite du film mieux que n’importe quelle critique : il a détesté Hugo au premier degré, du début à la fin, et n’a eu que de la peine pour Léa. Un spectateur note aussi, en passant : « Bordeaux est si romantique ». Notre ville, filmée par les siens, qui devient un décor de premier amour avant de devenir autre chose.

 

Le film est signé Charlotte Hamel, produit par Studio M Bordeaux, et né d’un projet étudiant. À l’image, une équipe de comédiens à qui l’on souhaite une longue route : Cerise Merzeaud, Anys Mendi et Swann Ménard, avec Anis Akchaou au cadrage. Traiter un sujet pareil sans tomber dans la démonstration ni dans le voyeurisme, à ce stade d’un parcours, c’est déjà une promesse. Retenez le nom.

 

Parce qu’un film peut réveiller des choses, une information utile : le 3919 est le numéro national d’écoute pour les violences faites aux femmes, anonyme et gratuit, joignable 24h/24. Et pour les jeunes concernés par ces situations, le Fil Santé Jeunes (0 800 235 236) répond également, gratuitement et anonymement.

 

Reconnaître ce qu’on vit, c’est déjà le début de quelque chose.

 

Bon dimanche, bonne séance. Et si ce film vous a touché, partagez-le : quelqu’un autour de vous en a peut-être besoin.

En savoir +

Instagram https://www.instagram.com/charlhml_/
YouTube https://www.youtube.com/@charlhml
Site web https://charlottehamelprod.wixsite.com/portfolio-d

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